UN NOUVEL ISRAËL EST EN TRAIN D’ÉMERGER
Société
Publié le 29 août 2026
Dov Maimon – Facebook
Soyons honnêtes : la situation en Israël fait peur. Un pays coupé en deux. Netanyahou d’un côté, ses opposants de l’autre. Religieux contre laïcs. Haredim contre sionistes religieux. On a l’impression d’un pays au bord de la rupture.
Et pourtant, sous ce vacarme que propagent les médias, un projet précis est en train d’advenir. Secteur par secteur.
Sur la sécurité : plus personne, à droite comme à gauche, n’imagine revenir au monde d’avant le 7 octobre face au Hamas, au Hezbollah ou à l’Iran. Ce débat est clos. Tous les partis s’accordent sur une position ferme et définitive. Plus personne ne prône le containment.
Sur l’économie : le vieux clivage collectivisme contre capitalisme sauvage a disparu. Le vrai débat, c’est le dosage entre solidarité et liberté économique. Même les partis les plus opposés convergent sur l’essentiel : soutenir les réservistes, reconstruire le Sud et le Nord, financer l’effort de guerre.
Sur l’identité juive : un retour au religieux qui n’est pas un retour aux institutions rabbiniques, mais à la tradition, à la Bible, aux fêtes, à la mémoire. Des laïcs qui allument des bougies de Shabbat. Des soldats qui portent des tsitsit sans être pratiquants. Des kippot qui apparaissent sur des têtes qui n’en portaient jamais avant la guerre. La frontière religieux-laïc s’efface. La vraie question devient : es-tu là pour le peuple, oui ou non.
En politique : les Israéliens rejettent la magouille, les combines de couloir, les accords négociés en coulisses. Ils ont vu, pendant la guerre, qui portait vraiment le pays. Les réservistes. Les soldats. Les familles évacuées. Les familles endeuillées. Les volontaires, les bénévoles qui ont nourri des villages entiers. Pas les politiciens de carrière. D’où cette exigence nouvelle : que le pouvoir aille à ceux qui ont combattu, à ceux qui étaient sur le terrain, à une génération prête à se donner, à vivre et à mourir pour le pays.
C’est exactement le précédent de 1973. La guerre de Kippour n’a rien réglé sur le moment : que du traumatisme, une élite discréditée. Mais quatre ans après, en 1977, c’est le Mahapakh. Begin arrive au pouvoir. Vingt-neuf ans de domination d’une seule élite s’effondrent. Et l’Israël périphérique, les Mizrahim, les religieux, les Arabes israéliens et les ultra-orthodoxes, entrent enfin au centre du jeu. La guerre n’a pas créé ce nouvel Israël. Elle l’a fait naître plus vite.
Ce même besoin de se réinventer avec des forces nouvelles traverse la société aujourd’hui, bien au-delà des partis et des slogans de campagne.
Ce n’est pas parfait. Personne ne résout le coût de la vie, un sujet qui préoccupe tous les Juifs de la diaspora qui envisagent leur alya. Le logement, les prix, l’inflation : ces tensions-là restent entières. La bureaucratie, elle non plus, ne s’est pas transformée du jour au lendemain.
Mais les données pointent dans une direction claire : un Israël qui cherche à se réinventer, autour de ce qui l’unit plutôt que de ce qui le divise. Et cette direction-là, on ne la voit pas toujours à la télévision. On la voit dans les chiffres, sur le terrain, dans les kibboutzim reconstruits, dans les files d’attente pour le service de réserve.
Un nouvel Israël est en train d’émerger.
