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Histoire de la communauté juive de la Rochelle

De 1206 à aujourd’hui

La présence juive à La Rochelle remonte en 1206 puisqu’à cette date, Haym Ben Isaac évoque « La Rokillah » qui désigne la ville portuaire en hébreu.

Mais, de la Renaissance jusqu’à la Révolution française, en raison des persécutions et du rejet qu’ils subissent de façon récurrente, les juifs du Sud-ouest de la France fuiront la région. Ils vont s’établir en Provence et un peu plus au Nord dans l’Est de la France.

Après la chute de la royauté en 1790, les constituants « républicains » proclament que « les juifs ont la citoyenneté française ». Aussi, lors du premier recensement effectué en France, en 1808, on dénombrera 70 juifs dans le département de la Charente-Inférieure (ainsi dénommée jusqu’à la seconde guerre mondiale).

A compter de 1930, fuyant les pogroms de l’Europe de l’Est, des juifs ashkénazes viennent trouver refuge en Charente. Jean-Claude BONNIN dans son livre « l’Histoire des Juifs de La Rochelle », déplorera que 182 d’entre eux (les ¾ de leur population) seront déportés lors d’une grande rafle dans tout le département en 1942.

En 1945, l’Officier Maurice KAMMOUN, natif de Tlemcen en Algérie, s’installe dans la ville portuaire afin de déminer toutes les plages de la Côte Atlantique. Il est bientôt rejoint par son frère Isaac en 1947, juif sépharade très pieux, il revendique pleinement sa foi judaïque et cherche à réunir autour de lui une communauté suffisamment nombreuse pour atteindre le miniane et pouvoir célébrer le Chabbat.

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Vint le rush de 1962. L’arrivée massive de plus d’un million de pieds-noirs en France fait en sorte que plusieurs familles sépharades se fixent à la Rochelle. Ces nouveaux juifs sont ravis d’y découvrir l’arrière-boutique d’Isaac pour la prière du Chabbat.

Quant aux amis protestants, ils mettent gracieusement à la disposition des juifs de La Rochelle leur salle rue du Brave Rondeau pour l’organisation du Seder de Pessah et de la fête de Yom Kippour! Toute occasion religieuse et festive donne lieu à des rassemblements chez les uns et chez les autres : on partage un couscous au beurre, on invite tout le monde pour une Brit Mila …

Avec la Guerre des Six Jours en 1967, le déclic est immédiat « Il faut une maison communautaire pour pratiquer dans de bonnes conditions ce judaïsme auquel tous sont attachés. » Le Mouvement France-Israël, largement soutenu par le maire Michel CREPEAU, fédèrera la poignée de juifs désireux d’acquérir un local. Le projet devient réalité lors des fêtes de Tichri 5729 (septembre 1968). La MCI ouvre ses portes au 40, Cours Wilson qui sera rebaptisé plus tard : Cours des Dames.

Ses fondateurs sont Isaac KAMMOUN, Jacques CHEKROUN, André LEVY, Maurice DRUMLEWICK, Elie KORCHIA et Maurice BENBASSA. Créée sous le statut d’Association Loi 1901, dès cette ouverture, la MCI accueillera juifs et non juifs, croyants et non croyants, séfarades et ashkénazes. Située entre Nantes et Bordeaux, son succès attire tous les coreligionnaires des deux Charente, du Sud des Deux-Sèvres et du Sud Vendée. Plus de 150 familles la fréquenteront régulièrement. C’est ainsi qu’une quarantaine d’enfants de tous âges bénéficieront des cours de Tamuld-Thora, participeront aux actions des Mouvements de Jeunesse et feront leur bar mitsva et bat mitsva devant la tébah du 40, cours des Dames !

De nombreux présidents, tous dévoués au maintien et au rayonnement de la MCI se succèderont : MM Maurice BENBASSA, YANA, Félix ZARKA, Charly KAMMOUN, Pierre GUEDJ, Jean-Claude TOUATI, et à nouveau Charly KAMMOUN depuis le 25 Janvier 2015.

Au fil du temps, les locaux deviennent vétustes, Charly KAMMOUN frappe à toutes les portes pour obtenir gain de cause : vote pour approbation du projet par les adhérents lors d’une Assemblée Générale en février 2016, dons, accords préfectoraux et municipaux, longs dossiers administratifs et techniques … Après cette longue course d’obstacles, la nouvelle MCI, située à présent au 34, Cours des Dames ouvre enfin ses portes le 7 décembre 2017, soit 50 ans après la mise en œuvre des démarches pour l’ouverture de la première MCI à La Rochelle !

Pour la cérémonie d’inauguration plus de 300 invités découvrent un espace moderne, dédié à la prière comme aux rencontres culturelles. Des invités de marque font l’honneur de leur présence, tels le Grand Rabbin de France Haïm KORSIA, le Président de la Communauté Israélite de Bordeaux, M Eric AOUIZERATE et les représentants des autres cultes monothéistes, le Préfet du Département Fabrice RIGOULET-ROZE, le député Olivier FALORNI et la 1ère Adjointe au Maire de la Rochelle, Marylise PAGNOUX.

La MCI n’est pas qu’un lieu de prières, c’est aussi un espace de rencontres interreligieuses et de « découvertes laïques » ! En effet, elle est ouverte au public lors des Journées du Patrimoine organisées en septembre par la Mairie.

Lors de son inauguration, l’artiste rochelais Michel GARDES ami d’enfance de Charles KAMMOUN accepte de peindre la liturgie biblique. Par ce don, l’artiste scellera son amitié de soixante ans et rend hommage à son père Franck GARDES, résistant sous l’Occupation, et à son ami juif Philippe KOENIGSWERTHER ; déportés tous deux dans le camp de Struthof en Alsace, ils y furent exécutés par les nazis le 2 septembre 1944.

Au 34, Cours des Dames, le miniane est assuré lors de chaque Chabbat, toutes les fêtes y sont célébrées, des conférenciers interviennent et attirent un nombreux public de croyants, de non croyants et de laïques !

La MCI garde ainsi sa flamme grâce au bénévolat de toutes celles et de tous ceux qui ont à cœur de vivre leur judaïsme en France et …à La Rochelle !

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