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Cancer de l’ovaire : une découverte de l’Institut Weizmann ouvre la voie à un vaccin thérapeutique

Sciences

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IsraJ – Facebook

Des chercheurs de l’Institut Weizmann des sciences ont découvert que certaines cellules immunitaires spécialisées appelées « cellules B mémoire » sont capables de reconnaître et de combattre les tumeurs cancéreuses de l’ovaire en produisant des anticorps efficaces contre celles-ci.
Les cellules B mémoire sont des cellules immunitaires « entraînées » qui circulent dans l’organisme à la recherche d’agents pathogènes déjà rencontrés par le passé, afin de pouvoir réagir rapidement en cas de nouvelle exposition, c’est le principe même de la mémoire immunitaire exploitée par les vaccins classiques. Jusqu’à présent, la communauté scientifique considérait que ce mécanisme de mémoire ne s’activait qu’en réponse à des envahisseurs extérieurs, comme les virus ou les bactéries.

L’équipe du professeur Ziv Shulman, du département d’immunologie des systèmes de l’Institut Weizmann, a démontré que ces cellules mémoire peuvent également reconnaître un ennemi interne : les cellules cancéreuses. Menée par le Dr Nachum Nathan, l’étude a analysé des cellules immunitaires prélevées dans des tumeurs et des ganglions lymphatiques de patientes atteintes de cancer de l’ovaire, identifiant des cellules mémoire capables de migrer vers la tumeur, de s’activer et de produire des anticorps ciblés contre elle.

Selon les résultats de l’étude, plus d’un tiers des anticorps identifiés se sont révélés capables de se lier fortement aux cellules du cancer de l’ovaire, un résultat que les chercheurs eux-mêmes ont qualifié de surprenant. Cette découverte fait suite à une première étude de 2022, menée par la même équipe, qui avait déjà repéré des cellules B productrices d’anticorps au sein des tumeurs ovariennes cancéreuses, sans toutefois établir l’existence d’une véritable mémoire immunitaire à long terme contre le cancer.

L’un des aspects les plus intrigants de la recherche concerne la raison pour laquelle ces cellules mémoire, normalement stockées et activées dans les ganglions lymphatiques, n’y sont pas mobilisées contre la tumeur. En collaboration avec la Dr Leeat Keren, également de l’Institut Weizmann, l’équipe a identifié une population de cellules « éboueuses », les macrophages, qui suppriment la formation des centres germinatifs dans les ganglions lymphatiques, les structures où les cellules B sont normalement activées et entraînées, empêchant ainsi leur mobilisation contre la tumeur. Grâce à la microscopie confocale, les chercheurs ont pu observer en temps réel ces macrophages absorber les cellules B en cours d’entraînement immunitaire.

Le professeur Shulman, qui a supervisé les travaux, se montre enthousiaste quant aux perspectives ouvertes par cette découverte : « Si nous partons du principe qu’il existe des cellules mémoire, des cellules productrices d’anticorps qui reconnaissent la tumeur, et que nous pouvons les activer à l’aide d’un vaccin, alors nous pouvons mettre au point des vaccins anticancéreux qui stimulent ces cellules (…) C’est une idée novatrice, une approche totalement nouvelle en matière de vaccins pour les patients atteints de cancer. »

Selon les chercheurs, l’étape suivante consisterait à engager des essais cliniques pour un vaccin ciblant les lymphocytes B, avec pour objectif principal de prévenir les rechutes chez les patientes déjà traitées pour un cancer de l’ovaire.

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