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PETIT LEXIQUE JUDÉO-ALSACIEN

Société

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Rothe Michel – site internet du judaisme d’alsace et de lorraine (liens en bas de page)

NOUVEAU PETIT LEXIQUE JUDÉO-ALSACIEN

par Rolph MALZ

présenté par son fils : Jacques Malz


Rolph Malz naît le 6 octobre 1930 à Pirmasens (Palatinat) de Jacques (Jakob) Malz et Louise née Simon. Il décède à Strasbourg en 2010.

Son frère Benoit (Benno) est né en 1925, et rejoindra durant la guerre les FFI puis la 1ere Division Blindée. Il meurt au combat lors de la libération de Belfort en novembre 1944.

Rolph et ses parents sont réfugiés à Limoges durant la guerre et retournent à Strasbourg en 1945. Il fait ses études au Lycée Fustel de Coulanges et démarre une carrière commerciale dans la lunetterie et dans les années 70 dirige les activités régionales de BBGR (fabricants de verres optique), avec un atelier dédié, rue Brûlée a Strasbourg.

Lors du rachat de BBGR par Essilor, il quitte le groupe et ouvre avec son épouse Monique, des chocolateries Léonidas en Alsace. Dont la fameuse boutique place de la Cathédrale !

Il a été membre, pendant de nombreuses années, du Comité de la Société d’Histoire des Israélites d’Alsace et de Lorraine (devenue en 2022 Société pour l’étude du judaïsme en Alsace-Lorraine).

Passionné par la culture judéo-alsacienne, il rédige pendant ses dernières années un lexique recueillant nombre d’expressions en Yeddish-Daïtsch.

La découverte de ce petit lexique contribue grandement à mieux apprécier cet état d’esprit si spécifique qui régnait parmi les juifs de la campagne alsacienne. Ce « parler judéo-alsacien » reflète si bien cet humour qui savait s’adapter à toutes les situations, à toutes les péripéties de la vie quotidienne. Dans ce sens, l’apport de M. Malz constitue un témoignage vraiment essentiel par sa diversité et savoureux par son réalisme. Il permet de mieux apprécier l’état d’esprit qui régnait dans ces petites communautés où la vie était bien sûr difficile mais où elles pouvaient aussi exister grâce à une adaptation de tous les instants ! Alain KAHN

En 2024, alors que je photographiais systématiquement les tombes du cimetière de Strasbourg-Cronenbourg, un homme accompagné de son fils m’interpelle et me demande si je pouvais l’aider à retrouver la tombe de son père. Tous deux venaient de Singapour et voulaient se recueillir sur la tombe de leurs proches. J’ai aussitôt consulté notre base de données en ligne, et j’ai pu ainsi leur indiquer avec précision l’emplacement de la tombe. A l’énoncé du nom de la personne recherchée, Rolf Malz, je lui demandais si c’étaient son père qui avait été un des spécialistes du dialecte judéo-alsacien à Strasbourg. Il me confirma ce fait et me promis de m’envoyer un lexique de son père qui n’avait jamais été édité. En juillet 2026, je retrouve Jacques Malz sur Messenger, de Singapour. Je lui rappelle notre rencontre d’il y a deux ans, et il me promet de m’envoyer aussitôt le fichier du lexique de son père, que nous vous proposons aujourd’hui en ligne. Michel ROTHÉ

https://www.judaisme-alsalor.fr/dialecte/malz/lex1.htm

https://cimetieres.judaisme-alsalor.fr/shial/pdf/2001/0703_001.pdf

A
  • Ausse Scholem geïn : Se retirer, faire quelques pas en arrière.
    Termine la prière des 18 bénédictions pour prendre congé.
  • Am e G. esch kaa Sodd : Il n’y a pas de secret pour un Goy (non-Juif).
  • Alle ‘Hamimess in sich hen : Avoir toutes les chaleurs en soi ; avoir toujours très chaud.
  • Alle Tags Mausche : Quelqu’un que l’on voit tous les jours (Moïse de tous les jours).
  • Alt Diffle : La ville d’Altkirch.
  • Anbeisse : Rompre le jeûne (de l’allemand). À Yom Kippour, on souhaite : « Beisse güt an » (« Rompez bien le jeûne »).
  • Aschkenes / Aschkenaussem : L’Allemagne / Les Allemands.
  • Aschaffenburg : Ville allemande.
    Jeu de mots basé sur les sonorités : Do’hess (derrière), Melo’he (travail), Tzion (Sion/château).
  • Armselig / Umselig : Mal en point, misérable (judéo-allemand).
  • Aumere : Compter l’Omer : compter les 49 jours qui séparent la fête de Pessa’h de celle de Chavouoth.
  • Aumer Schùlle : Aller à l’office de l’Omer à la synagogue, qui se tient à la nuit tombée.
  • Aus Amerika kummt e Yed vun Hawenau… : D’Amérique, un Juif de Haguenau rentre à la maison pour les fêtes. Il déballe sa valise et en sort une brosse à dents.
    Son père lui demande : « À quoi ça sert ? » – « À se brosser les dents deux fois par jour. » – « À ta place, je me ferais convertir tout de suite !… Ce n’est pas une blague, c’est un fait vécu.
  • Aus eme Hering mach kaa Forell (ou Aus eme Hering kennsch kaa Forell mache) : D’un hareng, tu ne feras pas une truite.
  • Autzess : Des frais, des dépenses.
B
  • Baal Bayess : Propriétaire de la maison.
  • Baal Boos : Propriétaire, patron.
  • Baal Eïme : Homme craintif.
  • Baal Eïtze : Donneur de conseils, consultant.
  • Baal ‘Hiddisch : Porteur de nouvelles.
  • Baal Hogge : Amant.
  • Baal Kaua’h : Homme fort.
  • Baal More : Homme craintif et/ou instituteur.
  • Baal Sasser : Transmetteur, intermédiaire. -Celui qui indiquait la ferme où il y avait une vache à acheter ou à vendre et qui donnait des conseils.
  • Baal Sofer : Scribe de la Torah.
  • Baal Techufe : Repenti, qui retourne à la foi.
  • Baal Tefile : Officiant de la prière.
  • Baal Tekye : Sonneur de Chofar.
  • Baal Taufe : Homme bon, qui pratique le bien.
  • Bal Bullem süche (ou Balbüllem süche) : Chercheur de noise, des histoires (lié au Pilpoul).
  • Bei de andere esch immer Yontef : Chez les autres, c’est toujours dimanche (jour de fête).
  • Bei denne hot die Windel gerauscht : Chez eux, le lange a bruité.
    Signifie qu’ils ont reçu une très bonne éducation (judéo-allemand).
  • Bei denne Masse Matten esch de Reife’h for aanem Dehhaam : Au train où vont les affaires, le bénéfice est déjà à la maison avant soi (c’est-à-dire qu’il est inexistant).
  • Be’haess lau : Non, par ma vie ! – Variante séfarade : « La vérité si je mens » ou « Par la vie de ma belle-mère ».
  • Beheimess Händler : Celui qui négociait les vaches (marchand de bestiaux).
  • Beheimess Treiwer : Celui qui conduisait les vaches au marché.
  • Bei dem Sè’hel soll er (sie) bleiwe : Qu’il/elle garde cet état d’esprit !
  • Bekann sein : Être ici, présent.
  • Bekeref : De suite, tout de suite (judéo-allemand, tiré de la Hagadah).
  • Bemühne / Bemühne geïts aa’h : Doucement / Tranquillement, ça va aussi. Pas la peine de se presser.
  • Bensche : Bénédiction. Du latin « bene dicere« . – Désigne la bénédiction après le repas ou celle donnée à un enfant.
  • Berschess : Le pain au pavot tressé pour le Shabathh (‘Hala ashkénaze), sur lequel on fait la bénédiction (« Bro’he« ) du vendredi soir. – Racines possibles : Maase ou Bereïschiss (« Au commencement », premier mot de la Genèse).
  • Berschess / Eerefe : (Voir ci-dessus).
  • Besinnt sich de ‘Ho’hem, besinnt sich de Schaude (ou B’sinnt de ‘Ho’hem…) : Tant réfléchit le sage que le simple d’esprit (le débile) réfléchit lui aussi pendant ce temps.
  • Besser schlecht gebattert wie gùt behalte : Mieux vaut mal vendre que bien garder.
  • Besser e schleschti Pschore wie e gütti Mischpett : Mieux vaut un mauvais compromis qu’un bon procès.
  • Betaamt : De bonne apparence, qui a du goût. Contraire : Unbetaamt.
  • Betü’ht : Riche, très aisé financièrement.
  • Bleïde geïn : Se sauver, s’enfuir.
  • Bock (E bock stosst nett allan) : Un bouc ne peut pas pousser tout seul. Il lui faut un adversaire, si possible à sa taille.
  • Bodig Menusse : Réparer avec précipitation. – Ex. : « Dü kummsch grad Bodig Menusse » : « tu tombes pile au bon moment pour aider ».
  • Boni / Bonem : Visage.
  • Bramberlisch / Bremberlisch : Breloques.
  • Bratze : S’étaler, faire étalage de sa richesse, déborder de mauvais goût.
  • Brauess : Fâché. Schtock Saune : Complètement fâché.
  • Brau’hes Lewerwurscht spiele : Simuler une fâcherie (litt. : « jouer la saucisse de foie fâchée », judéo-allemand).
  • Bro’he benkelisch : Le banc sur lequel se rencontraient les vieux Juifs du quartier aux beaux jours. —
    On y débattait des « haduschem » (nouvelles), ce qui était une vraie bénédiction.
  • Bschore mache : Faire la paix, aplanir un différend.
C
  • Chev, mer sitzt dau besser wie im Dauffess : Assied-toi, on est mieux assis ici qu’en prison.
D
  • Dageff : À point, avenant. Ex. : « Dü kummsch mer grad dageff » (Tu viens à point).
    « Die Mamme esch noch meï dageff wie d’Tochter » (La mère est encore plus avenante que la fille).
  • Dalles (E Dalles mit siewe Farwe) : Une pauvreté avec sept couleurs.
  • Daufess / Daufes : La prison, un lieu sombre et triste.
  • Dauffle Mone : Un catholique, un adhérent de la foi de l’Église (par opposition à la synagogue).
  • Dau geïts zü wie beis Doderless : Ça se passe ici dans un grand désordre (comme chez les Théodore).
  • Dau geïts zü wie inra Yuddeschülle : Ça se passe ici comme dans une synagogue. Fait référence aux bavardages et à l’indiscipline.
  • Dayeïne : Cela nous (me) suffit (tiré de la Hagadah de Pessa’h).
  • De aant Schnorrer gitt im andere d’Tier in d’Hand : Un mendiant tient la porte au mendiant suivant.
  • De alt Aïtzig word dânzerig (ou De alt Itzig word dänserig) : Le vieil Isaac a des envies de danser. Se dit d’une personne âgée qui retrouve un regain de jeunesse.
  • De bescht Kippe ‘Hawer esch d’Fraa : Le meilleur associé, c’est sa femme.
  • De erscht ‘Hilef mùss prompt eingelöst wâre, de zweit… : La première traite doit être payée sans délai, la deuxième… ?
  • De Gumbel einschmüsse : Raconter des bobards qui valorisent à la fois celui qui écoute et celui qui les débite.
  • De ‘Hazen fangt de Kaddisch zü hoch an : Le ministre officiant entame le Kaddisch trop haut. Au figuré : Amorcer une négociation en demandant beaucoup trop dès le départ.
  • De ‘Ho’hem schtigent : Le sage se tait.
  • De ‘Ho’hem vun Ittene : Le sage et érudit Rabbin de Uttenheim (figure emblématique d’Alsace).
  • De Jaune geïht uff d’Post… : Le Jaune (le Goy) va à la poste. – « Jaune, prends-moi cette lettre avec. » – « Trop tard, je suis déjà parti. »
  • De Meeger schuckt : Le prix coûte… / Ça fait cher.
  • De Me’hil geït ze Finie : Sens et origine inconnus.
  • De Spieler (er spielt Tags nett ohne ‘Hafrüsse…) : Le joueur joue le jour non sans compagnie, et la nuit non sans lumière.
  • De Soten in de Rippe : Avoir Satan dans les côtes. Être mauvais et turbulent.
  • De Tode derf mer de Emess nochsage : On a le droit de dire la vérité sur les morts.
  • Dick Tfille : Livre de prières très épais (comportant notamment les ajouts des quatre samedis précédant Pessa’h).
  • Die beschte Schawesse : Les quatre samedis précédant Pessa’h.
  • Die Bourse : Ball esch Hotz, ball esch Betz : La Bourse : tantôt à la hausse, tantôt à la baisse.
  • Die Bourse : vum Reïfer nemme esch noch kaaner gstorwe : Personne n’est encore mort d’une prise de bénéfice.
  • Die Goye hot de Tisch gedeckt : La servante non-juive du samedi a mis la table (mais mal, tout est de travers).
  • Die Kofed bei sich behalte : Préserver le respect de soi-même (garder sa dignité).
  • Die Lefitte lese (ou leese) : Lire le Lévitique à quelqu’un. – Le gronder sévèrement en lui énumérant ses fautes (en référence aux malédictions du Lévitique).
  • Die Matze ganfe lonn : Laisser chiper la Matza du Seder par un enfant contre récompense. – Par extension : Laisser un avantage indu à quelqu’un (cf. Aphikomen).
  • Die Metzeïwe stelle : Inaugurer la pierre tombale un an après le décès.
  • Die Schawess Goye hot de Tisch gedeckt : (Voir « Die Goye hot de Tisch gedeckt« ).
  • Die Schnorrer geïn uff d’Medine mit Mesùses… : Les mendiants battaient la campagne avec des Mezouzoth, des bougies de Havdalah et du savon cacher.
  • Die Weiwer, in d’Schlauschem, zü erscht welle se nett rein… : Les femmes, dans la trentaine : d’abord elles ne veulent pas y entrer, ensuite elles ne veulent plus en sortir.
  • Die Y. sotten alli chef de gare sein… : Les Juifs devraient tous être chefs de gare : à chaque station il n’y en a qu’un.
  • Dindarno singe : Chanter le vœu promis (déformation de l’office de Kol Nidre).
  • Dorfyid : Un Juif villageois, de la campagne.
  • Do’hess Megaïner : Un instituteur (litt. : « celui qui bat les derrières »). Souvent teinté de dérision : « E boscheter, e umseliger Do’hess Megaïner » (un simple petit instituteur, à ne pas confondre avec un professeur).
  • Dü besch e Wunder Kind gewenn... : « Tu étais un enfant surdoué : à trois ans, tu jouais déjà aux cartes aussi bien qu’aujourd’hui ! » (Ironique).
E
  • E Beïle : Une belle garce.
  • E Bock stosst nett allan : (Voir sous « Bock »).
  • E Beheïme / E manse Beheïme : Une personne immensément bête (homme ou femme).
  • E Bonem wie Hasùsse un kenn net niese : Un visage à boucher le nez et qui ne peut même pas éternuer.
  • E feï ‘Ho’hem : Un faux sage (ironique) ; – il croit tout savoir mieux que quiconque.
  • E Gala’h : Un tonsuré, c’est-à-dire un prêtre catholique.
  • E Gal’hess : Un presbytère (la demeure du curé).
  • E Garkisch : Restaurant-pension de campagne où les Juifs pouvaient manger cacher (de l’allemand Garküche : gargote). – Souvent appelé ironiquement « le buffet de la gare ».
  • E Gayess : Une assemblée de Chrétiens (non-Juifs).
  • E Gissef : Une fontaine murale en cuivre ou en étain (Giesfass) servant à se laver les mains avant d’entrer à la synagogue.
  • E ‘Hadische Mone : Un adhérent de la nouvelle foi (un protestant).
  • E Häyer : Un billet de 500 francs (le mot Häy signifiant la lettre hébraïque Hé, de valeur 5).
  • E ‘Hileff : Une traite bancaire, une lettre de change. E ‘Hileff platze lonn : Ne pas honorer une traite (faire défaut).
  • E ‘Hillig / De ‘Hillig vum Unterschied : La différence.- La différence de la différence (c’est-à-dire qu’elle est minime).
  • E ‘Hosen / E kalle : Un fiancé / Une fiancée.
  • E ‘Huschpess : Un homme brouillon, ou un être toujours pressé.
  • E Jeder macht sich seï Schul’han Oru’h selbscht : Chacun se fait soi-même son code de conduite religieuse (litt. : « dresse sa propre table »).
  • E Kaune fir e Beheïme : Un client pour une vache (ou une maison) pas trop chère.
  • E Keïlef / E Klafte : Un chien (un méchant individu) / Une chienne (une méchante femme). E manse Klafte : Le superlatif de la méchante femme.
  • E Kinne Sinne Mensch : Un envieux.
  • E Kotzen / E Kotzen wie en Ochs : Un notable très riche / Un chef riche comme un bœuf.
  • E langi Sidre : Un long chapitre hebdomadaire de la Torah. – Par extension : Une lecture ou une action longue et fastidieuse.
  • E Melo’he fer aaner alaan : Un travail, un boulot pour un homme seul.
  • E Mefaïsch keit : Une offense, un manque de respect.
  • E Me’hulischkeit : Une affaire risquée, susceptible d’engendrer une faillite.
  • E mies Batzeff mache : Faire une mauvaise mine, faire la tête.
  • E Mischebeïra’h mache : Formuler une bénédiction pour sa famille, ses amis et les notables lors d’un appel à la Torah.
  • E Naas (Zinke) wie e Schülle Schliessel : Un nez en forme de clé de synagogue (un grand nez).
  • E Nefeere / E Nefere : Un péché.
  • E polnische Nedinye : Une dot annoncée qui ne correspond pas du tout à la réalité.
  • E Rewe Treffe : Un congrès rabbinique (ou une « Rav Party »).
  • E Ro’hess wie e Haus : Une colère grande comme une maison.
  • E Rosche hot ‘Hazer im Rosch : Un homme méchant qui a du porc dans sa tête.
  • E schteït em wie im e Hund e Affokanzess : Cela lui va comme un châle de prière à quatre coins (Arba Kanfoth) à un chien (c’est-à-dire que ça ne lui va pas du tout).
  • E Schipelle iwer de Doches g’schpannt : Une petite jupe très tendue sur le derrière qui en souligne trop la morphologie.
  • E Schicker Bols : Un ivrogne.
  • E schauffler Seeg : Un vaurien.
  • E Yed macht ka Zeilem : Un Juif ne fait pas le signe de croix. – Signifie : Ne croisez pas le couteau et la fourchette, ou ne vous serrez pas la main à quatre en même temps.
  • E Yed sell sich nett in Gfahr genn : Un Juif ne doit pas se mettre en danger (par exemple, fumer).
  • E Yed sell kaan Eïde sein : Un Juif ne doit pas être témoin.
  • E Yed sell nett de Haam bleiwe : Un Juif ne doit pas rester à la maison. ( Dehors, il y a toujours quelque chose à acheter ou à vendre.)
  • E Eiches ‘Haïl : Une femme vertueuse (dont l’éloge se récite traditionnellement le vendredi soir – Proverbes ch.31).
  • Einn lau / Ein lau : Il n’y a rien.
  • Eibrocke : Briser une Matze dans une tasse de café. Expression : « Du hosch der ebs eigebrockt » (Tu t’es mis dans de beaux draps).
  • Eïtzess Geber : Un consultant, un donneur de conseils (souvent non sollicités).
  • Eliye Nofe : Le prophète Élie (dont la coupe de vin est prête les soirs de Seder).
  • Eref Me’hulle : À la veille de faire faillite.
  • Er (sie) hot e gütti Parnosse : Il/elle a de bons revenus, une bonne situation.
  • Er hot emol güt sterwe… : Il pourra mourir facilement le moment venu, il n’a pas beaucoup d’esprit à rendre.
  • Er (sie) lùgt in d’ander Woch (ou In d’ander Woch luegge) : Il/elle louche (litt. : « regarder dans la semaine suivante »).
  • Er esch nitt numme Barnes, awer aach ganz Kaal : Il n’est pas seulement Président de la Communauté, il est aussi totalement chauve (Kaal désignant à la fois la communauté et la calvitie).
  • Ertz Gescht : Racaille de première classe.
  • Ertz Nafke : Putain de première catégorie.
  • Es geschent : Il pleut.
  • Es gitt ka armi Leit : jeder hot ebbes : Il n’y a pas de pauvres gens, chacun a quelque chose (c’est-à-dire une souffrance, une maladie).
  • Es isch so trucke wie e Nefiere : C’est sec comme un pet.
  • Es s’ro’hemdt güt (schlecht) : Ça sent bon (mauvais).
  • Es word Schawess driwer : C’est très long, cela risque de durer jusqu’au Shabath.
  • Es word noch immer meh verkiniet wie verchenkt : Il y a toujours plus de ventes que de cadeaux.
F
  • Fangt de Y. mit em G. an ? : Le Juif cherche-t-il querelle au Chrétien ? (Alors que la plupart du temps, c’est le contraire qui se produit).
  • Fer’haïst wie e Dochess in e neïes Hemd : Amoureux comme un derrière dans une chemise neuve.
  • Fier am Schawess uffem Märikt… : « Pour le Shabath, aller chercher de la volaille au marché ; pour la soupe aux vermicelles, l’abattre, la plumer, la passer à la flamme, la vider, la faire cacher, la rôtir et la savourer. »
    – Mêmes dispositions pour le Yontef (jour de fête).
  • Fier s’gehabte gitt de J. nix : Pour ce qui a déjà été possédé ou consommé, le Juif ne donne rien.
  • Frisch, gsund un Meschugge : Frais, sain et fou.
  • Frimsell / Frimsell Supp Pâtes vermicelles / Soupe aux vermicelles (généralement faites maison).
  • Futzig Geboress : Super dégoûtant.
G
  • Gam ze letauve : Que cela soit pour un bon événement, pour une bonne chose.
  • Ganz Massel ! : Quelle chance ! (Dit par pure dérision).
  • Gaudel Rosch et petit chapeau : Grosse tête et petit chapeau.
  • G. N. (Goyem na’hes) : Qui a la faveur ou l’estime des Goïm (non-Juifs).
  • Gebenschti Preise : Prix bénis (c’est-à-dire des prix extrêmement chers).
  • Gehängt un gedaligt : Pendu et brûlé.
  • Gemalbischt wie d’Schùppe Malke : Fagotée comme la reine de pique.
  • Gemalbischt wie e ‘Hosen : Habillé comme un fiancé (sur son trente-un).
  • Geschäscht, gebatigt, un weggeworfe : Abattu rituellement, examiné (les poumons) et finalement rejeté comme non-cacher.
  • Graine reiwe : Râper du raifort (judéo-russo-polonais).
  • Gremmelisch : Des miettes.
  • Griewe : Morceaux rôtis de peau d’oie (mets traditionnel devenu très rare).
  • Gsund, Scholem un Parnosse : « Santé, paix et ressources ». – Souhaits formulés en se quittant.
  • Gueunfe / Gueunfe Schtinker : L’orgueil / Puant d’orgueil.
  • Gùt gebattert : Bien vendu, bon débarras !
H
  • Hafdaule mache : Rituel de séparation du sacré et du quotidien à l’issue du Shabath.
  • Hafdaule Kerze un e Bsom Becks : La bougie torsadée et la boîte à aromates utilisées pour séparer le sacré du profane à la fin du Shabath ou du Yontef (jour de fête).
  • Haggbo, Guelilé : Soulever la Torah pour la montrer aux assistants après la lecture, puis l’enrouler avec une Mappah pour la fermer.
  • ‘Halaumess un Backfisch (ou ‘Halaumes met Backfisch) : Bagatelles et poissons frits / Rêverie sans consistance. – Désigne un objet ou une idée sans aucune valeur.
  • ‘Halasz : Fièvre aphteuse.
  • ‘Halauchess : État de grande faiblesse. Ex. : « Es word aanem grad ‘Halauchess » (On se sent faiblir). – Utilisé aussi comme exclamation.
  • ‘Halef : Le grand couteau d’abattage rituel (Schescht Messer).
  • ‘Hammer sag « li » : Un rabbin, sous la Houppah (dais nuptial), enjoignait au fiancé de prononcer le mot « li » (« pour moi ») dans la formule consacrée.
  • Handle un biete macht Masse Maten : Marchander et proposer un prix permet de faire des affaires.
  • Haraude guilt ! : Les regrets ont cours ! / Les regrets sont là (de ne pas avoir osé faire ou acheté quelque chose).
  • ‘Harpene Büsche / Mer ‘harpent sich : Une honte / On a honte de…
  • ‘Haspe ‘holile ! / ‘Haspe Cholem ! : Que le ciel nous en préserve ! / Que nous en soyons préservés !
  • ‘Hasserem Verbands Fescht : La fête d’une bande de porcs.
  • ‘Haufess sin kaa Haase, sie laafe nett fort : Les dettes ne sont pas des lapins (ou des lièvres), elles ne se sauvent pas.
  • ‘Haufess wo deux Wege sich kreitze : Des dettes là où deux chemins se croisent.
  • ‘Haule Krasch, wie soll des Bubele haase ? : « Haut la crèche, comment doit s’appeler cette petite fille ? » – Cérémonie traditionnelle pour donner son nom hébraïque à une petite fille qui vient de naître.
  • ‘Hawele : Tenir des propos futiles, vains et creux.
  • ‘Hefzess : Des guenilles, des chiffons.
  • ‘Hein geït iwwer Scheïn : La grâce passe avant la beauté.
  • Heines Mensch aus de Eppel Kischt : Agréable individu sorti de la caisse de pommes (judéo-allemand, très péjoratif).
  • ‘Heïrisch / ‘Hüschem : Sourd. Ex. : « ‘Huschëm wie e Schprentzkann » (Sourd comme un arrosoir).
  • Herr Ganef, der Ober : Monsieur le voleur, le serveur (mélange judéo-allemand pour un serveur qui tente de vous arnaquer).
  • ‘Ho’hem (De ‘Ho’hem vum Manischtano) : Le « sage » des quatre enfants du récit de la sortie d’Égypte (cité ici par dérision).
  • Holle Mokel : Un individu gros, lourd et malhabile.
  • ‘Hossedêyo mache : Troubler quelqu’un, le priver de son savoir ou de ses moyens.
  • ‘Hotze ‘Hotze : Moitié-moitié.
  • ‘Humetz battle : Chercher les dernières traces de pain levé (Hametz) avant Pessa’h avec un enfant muni d’une plume, puis déclarer la maison « Cacher le-Pessa’h« .
  • Hutzpe / ‘Hutzpedick / ‘Hutzpes Bonem : Le culot / Culotté (effronté) / Un visage effronté. ‘Hutzpa Judaica : Spécialement culotté.
I
  • Ich dèd ach lache wenn der Schaude nett meï wär : Je rirais aussi si ce débile n’était pas le mien !
  • Iffess redde : Médire, faire des commérages. Aach noch Iffess dezü : De la médisance en plus.
  • Im ‘Holem : En rêve, dans le mensonge. Cf. ‘Halaumess : les rêves.
  • Im ‘Husch : En hâte, à la va-vite.
  • Im Maugen sinn doch die Bayess Riwess so yauker : En ville, les maisons et les remèdes sont si chers ! (paroles de Schmulle Kahn de Westhoffen).
  • Im Tamous friere die Esel : Au mois de Tamouz (en plein été), même les ânes ont froid.
  • Im Zugg fahrt mer dritter Klass… : En train, on voyage en troisième classe parce qu’il n’y a pas de quatrième. Avec le derrière, on ne peut pas gagner plus.
  • In de Scholdardie : Dans un endroit très éloigné, au diable Vauvert.
  • In de Stiege vermassere : Confier un secret en silence.
  • In d’Schülle sell mer renne, Haam kemmer geïn : Il faut courir pour aller à la synagogue ; pour rentrer à la maison, on a le temps de marcher lentement.
  • In d’Schülle, wenn sie alli nain gehn… : Dans la synagogue, si tous les Juifs inscrits y allaient en même temps, ils ne pourraient pas tous y entrer ; mais heureusement, ils n’y vont pas tous.
  • Iwer Hundert Yohr : Au-delà de cent ans (c’est-à-dire après le décès de quelqu’un). – Formule employée pour ne pas dire crûment « après sa mort ».
J
  • Jahr Zeit halte : Commémorer l’anniversaire annuel d’un deuil.
  • Je meh kauscher, je meh jauker : Plus c’est cacher, plus c’est cher.
  • Jemande Mo’hel sein : Dispenser ou pardonner à quelqu’un.
  • Jemand Mefaïsch sein : Faire offense à quelqu’un.
  • Jeschten / Jeschterei : Se hâter tout en bousculant son entourage sans égards, et souvent sans aucun résultat (de l’allemand).
  • Jeder ‘Hazen hert sich guere singe : Tout chantre (‘Hazan) aime s’entendre chanter.
K
  • Kaa güti Oder an sich : Il n’a pas une seule bonne artère en lui. – Se dit d’un homme profondément mauvais.
  • Kaa Tschüfe esch aach e Tschüfe : Pas de réponse, c’est également une réponse.
  • Kaa Taam un kaa Reya’h : Sans goût et sans apparence (fade).
  • Kadisch Fresser : Homme qui veut à tout prix réciter tous les Kaddisch lors d’un office.
  • Kahals Raksen : La mauvaise langue de la Communauté.
  • Kaliessmacher : Un faiseur de dénigrement, un rabat-joie.
  • Karig : Avare (cf. Verroft).
  • Kolle Kahl Kittelse : Toute la communauté de Kuttolsheim (allitération plaisante utilisée quand une grande partie de la communauté est réunie).
  • Konkurenz brings Massse Maten : La concurrence stimule et apporte les affaires.
  • Korem falle : Se prosterner de tout son long (notamment pendant les offices de Yom Kippour).
  • Kora’h Neschiress Mefie’he : Gagner une fortune colossale comme Coré (qui finit pourtant très mal – Nombres ch.16).
  • Krawatte Macher : Faiseur de cravate,- c’est-à-dire l’usurier qui vous prend et vous serre à la gorge.
  • Kriye gerisse : Déchirer un vêtement (une veste sur environ 20 cm) en signe de deuil profond.
  • Ksèress Stifter / Macher : Celui qui suscite et alimente les disputes.
  • Ksiwess Yad / Ksewess yad : Une reconnaissance de dette écrite à la main.
L
  • Lau lone steït in Hallel : « Non pas à nous », mots par lesquels débute le Psaume 115.
  • Layene : Lire la Torah à voix haute pendant l’office. Ex. : « Des Yingle layent güt » (Ce garçon lit bien la Torah).
  • Lefone Kiddisch / Lefone Bro’he : La bénédiction de la nouvelle Lune (qui se fait de nuit à la sortie de l’office).
  • Lekerter aach ? : Prend-il de l’argent ? Est-il vénal ?
  • Liewer Mesummen zähle wie Mesummen bensche : Boutade. Il est préférable de compter de l’argent (Mesoumonim) plutôt que de réciter les actions de grâce après le repas avec une assistance nombreuse (Mesoubin).
  • Loschen heïnes halte : Tenir de beaux discours qui masquent en réalité leur totale vacuité.
  • Loschen horre / Loschen horra : La médisance, le colportage de ragots.
  • Loschen Hakaudesch / Loschen hakaudesch : La langue sainte (l’hébreu de la Bible).
M
  • Mackess un fauli Fisch : Des plaies (en référence aux dix plaies d’Égypte) et, par-dessus le marché, du poisson pourri.
  • Mach Schawess demit : Ce n’est pas avec cela que tu pourras faire ton Sabbat (cela ne pèse rien).
  • Mamme Loschen : La langue maternelle (souvent le judéo-alsacien ou le judéo-polonais).
  • Masse Maten (E masse maten e bissel besser wie g’schnorrt) : Les affaires sont juste un tout petit peu plus lucratives que la mendicité.
  • Massel un B’roche : Chance et bénédiction. – Formule rituelle prononcée à la conclusion d’une affaire commerciale importante.
  • Massig / E Massig : Un être rustre, fruste, peu civilisé et fort.
  • Mausche important spiele (ou Mausche wichtig spiele) : Jouer au grand homme (tel que fut Moïse).
  • Mausche Pischer : Terme péjoratif (litt. : « Moïse pissant »).
  • Mauscheff : Camelote, article de très mauvaise qualité. – Ex. : « Mauscheff de Bayonne » (origine géographique mystérieuse).
  • Mautzi Le’hem : Sortir le pain. Se dit normalement dans la bénédiction du pain, mais s’utilise localement au sens de « un simple morceau ».
    Ex. : « Sie hemmer no net e mol e Mautzi Le’hem angebote » (Ils ne m’ont même pas offert un morceau de pain !).
  • Me’hile braïye : Demander pardon à un parent pour les torts et péchés commis envers lui.
  • Meï Massel wie Se’hel : Plus de chance que de raison ou d’esprit.
  • Meï Rabonem wie Balbattem : Il y a plus de rabbins que de fidèles.
  • Meï Scho’htem wie Hiner : Plus d’abatteurs que de poulets à abattre. – Signifie que l’offre est bien supérieure à la demande.
  • Mellelisch / Gremmelisch : Les mirabelles / Les miettes.
  • Mellelisch / Gremmelisch / Frimsell : (Termes culinaires ou du quotidien).
  • Memmere : Se remémorer rituellement le souvenir des parents défunts.
  • Menie : Une vache malade.
  • Mer geït nitt bekaless Rosch (ou Mer laaft nett bekalles Rosch) : On ne marche pas la tête légère (la tête nue). – Péché mentionné dans le Vidoui (confession) de Kippour, d’où l’obligation de porter un couvre-chef.
  • Merauess sein / Merauguess sein : Être très en colère. Rauguess : la colère.
  • Meschugge Metorf : Fou à lier, fou à blesser.
  • Meschugge Frumm : Très, très pieux (parfois à l’excès).
  • Meschugge esch Trumpff : La folie est un atout.
  • Meschulme macht Scholem : Payer ses dettes engendre la paix.
  • Meschoress mach mer Wind : Valet, fais-moi du vent ! – Se dit pour railler la bêtise alliée à la suffisance.
  • Meta’he sein / Taa’he : La purification du mort / Celui qui procède à cette purification rituelle.
  • Metone esch lau lone : Faire un don non chiffré quand on est appelé à la Torah. – Signifie souvent donner très peu, voire rien du tout.
  • Metziess Krämer / Sau e Metziess… : Vendeur de trouvailles bon marché. ‘De telles trouvailles, on peut les ramener à la maison en plein jour… » (Ironique : car elles ne sont pas si bon marché que ça).
  • Me’hutene ‘hanefe : Flatter exagérément les beaux-parents d’une fille ou d’un fils.
  • Meyuscheff / Meyuscheff kumme : Très agréable, opportun. Venir juste à point.
  • Mimfelle / Mimfellisch : Un tout petit morceau de nourriture (par exemple, une miette de pain).
  • Mit alle Kleberlisch : Avec tout l’apparat, sans lésiner sur les moyens.
  • Mit Eïtzess bin ich verseïen, Bargeld kenn ich Brauche : Des conseils, j’en ai suffisamment ; c’est d’argent comptant dont j’ai besoin.
  • Mit eme grausse Schecht ‘Haleff die Srore einkaafe : Acheter du tissu avec un grand couteau d’abatteur.
  • Mit englisch Me’hil poliert : Poli ou réalisé avec une perfection typiquement anglaise.
  • Mit Yidde sell mer in d’Schùlle gehn… : On doit aller à la synagogue avec les Juifs, mais il ne faut pas en sortir avec eux, sous peine de se retrouver mêlé à des disputes (Kseress).
  • Mitzwe Dänzlisch : Invitation à une danse réservée aux personnes les moins gâtées par la nature au cours d’un bal.
  • Mohl un Bal Tekye : Le circonciseur et le sonneur de Chofar (corne de bélier). En allemand : « Herrenschneider und Neujahrs Trompeter« .
  • Moschelisch / Maaselisch : Des fables (histoires) / Des actions (récits).
  • Moses, bevor de a’hilsch, do blosess : Moïse, avant que tu ne manges, souffle dessus ! – Se dit lorsque la nourriture est bien trop chaude pour être avalée.
N
  • Nebbisch : Petit, rabougri, ou quelqu’un en mauvaise posture.
  • Newischel : Un petit nebbisch.
  • Nett bis hundert zwanzig, awer bis Hundert wie Zwanzig : « Pas jusqu’à 120 ans, mais jusqu’à 100 ans comme à 20 ans ! » – Réponse d’un nonagénaire à qui l’on souhaitait la formule rituelle liée à l’âge de Moïse.
  • Nedinye die Helft : La dot réelle n’est en fait que la moitié du montant qui avait été pompeusement annoncé.
  • Niggen : Une mélodie, un air. Par extension : « Die Matze Knepflisch in de Supp hen de richtig Niegen » (Les boulettes de Matza dans la soupe ont le ton juste, le même goût que celles de nos aïeules).
  • Niftere sell er (sie) : Qu’il/elle crève donc !
  • Noch X francs (fer d’Nedinye) un d’Kinder lieben sich : Encore X francs pour la dot, et les enfants s’aimeront (remplacé par les euros aujourd’hui).
  • Noch Yontef hot mer ‘Haufess un dregedigi Wäsch : Après les jours de fête, on se retrouve avec des dettes et du linge sale.
  • Noch Sikkess sin die Esrogem billig : Après Souccoth, les cédrats ne valent plus rien (ils sont bon marché).
O
  • Offes Affeseïness / Unseri Offess Affauseïness… : Les pères de nos pères (nos ancêtres). – Se dit pour comparer leur train de vie parcimonieux avec celui d’aujourd’hui. « Nos ancêtres portaient déjà des bas de soie, certes… mais sur le dos ! » (en tant que colporteurs).
  • Oser, rief Schiller : « Non », dit Schiller (judéo-allemand). Formule employée pour marquer une négociation ou une négation catégorique.
  • Otzel : Paresseux.
P
  • Pasgene : Trancher, prendre une décision (souvent d’ordre religieux ou juridique).
  • Pechvogel (E Pechvogel : un wenn ich heit Schtiel verkaaf…) : Quelqu’un qui a la poisse. « Si je vendais des chaises aujourd’hui, demain les enfants naîtraient sans derrière… »
  • Pfüe Händler : Marchand de grains.
  • Plangene / Naunze : Pleurer / Pleurnicher, se plaindre continuellement.
  • Pollak, wo isch dëi link Ohr ? : « Polonais, où est ton oreille gauche ? » – Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? (en montrant son oreille gauche en passant le bras droit derrière la tête).
R
  • Ra’hmoness : La pitié, le fait d’avoir compassion.
  • Redde mer Da’hless : Parlons affaires concrètes pour conclure (parlons de la finalité).
  • Reïgem : Le service militaire.
  • E Reïfer Fresser : Un « bouffeur » de bénéfices.
  • Rewe isch kaa Masse Maten fier e Y. : Rabbin n’est vraiment pas un métier pour un Juif.
  • E Rewe derf iwer alles redde, numme nett iwer zehn Minute… : Un rabbin peut parler de tout, sauf au-delà de dix minutes (ou d’un quart d’heure).
  • E Rewe erklärt : wenn ich e Drosche halt… : Un rabbin explique : « Quand je fais une homélie, aucun de mes fidèles ne bavarde. Pourquoi ? Parce qu’ils dorment !  » – Mon père (z.l.), en se réveillant, dit alors : « Schema beni, er schmüsst noch » (Écoute mon fils, il parle encore), mettant ainsi fin au discours.
  • Rischess / E Rischess Bonem : L’antisémitisme / Un visage d’antisémite.
  • Royen nebbisch die Melo’he : Regarde-moi ce travail, c’est vraiment une pitié !
S
  • Schadschen / Schedisch Macher : Un marieur ou une marieuse. – Dicton : « Zwei die niemand will, gibt auch e Paar » (Deux personnes dont personne ne veut finissent aussi par former une paire).
  • Schawess / Schpeïsigs Nacht : Le samedi (Shabath) / Le samedi soir à la tombée de la nuit.
  • Schawess Lamp ruf, Dayess Lamp runter : En remontant la lampe du Shabath, les soucis de la semaine revenaient (au figuré : descendre la lampe des soucis qui s’étaient estompés pendant le Shabath).
  • Scheidel / E Scheitel deckt oft viel zü : La perruque traditionnelle. – Souvent, une perruque couvre bien des choses.
  • Scheïni Ischemer : Quelle belle engeance de malfaiteurs !
  • Sche’hiyonu bensche : Bénédiction prononcée à l’orée d’une fête, ou lorsque l’on mange un fruit pour la première fois de l’année.
  • Schlemiel : Idiot, limité intellectuellement (terme teinté d’affection). – Définition de Woody Allen : « un malchanceux qui tente d’apprivoiser un monde hostile ».
  • Schlemiel vun Sonntieg : L’idiot du dimanche (le superlatif du précédent).
  • Schemonsess : Des balivernes, des sornettes.
  • Schema beni : « Écoute, mon fils ! » – Exclamation.
  • Schmayess : Prières récitées au chevet d’un mourant (comportant le Chema Yisroel).
  • Schmayess Käs : Une exclamation familière.
  • Schmuss à la vanille : Des racontars sans aucune crédibilité, des propos édulcorés.
  • Schmùss briendess, di Gans laafe Barfiessig : Des paroles pour ne rien dire (litt. : « les oies marchent nu-pieds »).
  • Schnotere : Faire un don chiffré ou non pour la Communauté (Kahl ou Kille) lors d’un appel à la Torah.
  • Schoffet (Der Schofett) : Le maire du village.
  • Schpeïsigs Nacht : Le samedi soir, à la sortie du Shabath (Motzi Shabath), moment où l’on pouvait reprendre le travail ou les activités profanes.
  • Schstigene awer schmer’hle : Se taire mais sourire en coin.
  • Schùlle Klopfer : La personne chargée de frapper aux portes ou aux volets des maisons pour appeler les hommes à se rendre à la synagogue afin d’atteindre le quorum (Minyan) de dix personnes.
  • Schul Me’hanne / Sich Me’hanne sein : L’inauguration d’une synagogue / Éprouver du plaisir, de la joie (par exemple, en croisant un ami).
  • Seïni Dayess un im Rothschild seï Bargeld : Avoir ses propres soucis combinés à l’argent comptant de Rothschild.
  • Seïni Ische esch em uffem Nacht Hemd leïe gebliewe… : Sa femme est restée couchée sur sa chemise de nuit, voilà pourquoi il est arrivé en retard à la synagogue.
  • Seïfer Drill Holz : Terme péjoratif judéo-allemand (sens exact inconnu).
  • Selig / Z.L. (zi’hono livro’ho) : Que son souvenir soit béni. – Ex. : « mei Babbe selig » (ma grand-mère défunte).
  • Sich an Purem nix masguire : Ne pas se faire d’illusions (litt. : « ne pas se déguiser à Pourim« ).
  • Sich de ganze Se’hel verschloffe : Avoir l’intellect totalement engourdi par un excès de sommeil.
  • Sich Fertzlomesse : S’éparpiller maladroitement dans des détails sans aucune importance.
  • Sich off Nissem ferlonn : Se fier uniquement aux miracles.
  • Sich oser nett de Scheddisch verschlawe : Aucun risque de rupture pour ce mariage ou ces fiançailles projetés.
  • Sich verorwesse : Se laisser aller vers la racaille, s’encanailler.
  • Sich ver’hassere : Se salir (comme un cochon).
  • Sich wie e Lülef schittle : Se balancer ou se secouer vigoureusement (comme on secoue le Loulab à Souccot).
  • Siewe wie e Jud : « Sept comme un Juif » (sens et origine inconnus, peut-être kabalistique).
  • Siewe sitze / Schiewe sitze : Être assis pendant sept jours (la Shiva) sur des sièges bas après l’enterrement d’un proche parent.
  • Schlauschem halte : Observer la période des trente jours de deuil après l’enterrement (sans se raser, entre autres).
  • S’geit ze Niele : On approche de l’office de Neïlah (qui clôture les prières de Yom Kippour). – Se dit par extension d’une tâche pénible qui touche enfin à sa fin.
  • So fett wie e ‘Hanike Trenderlisch : Aussi gras qu’une toupie de ‘Hanoukah. – Ironique : Signifie n’avoir aucune once de graisse sur soi, être extrêmement maigre.
  • So fromm wie de Schmatt Gala’h : Aussi pieux que le prêtre qui convertit (reproche ironique que faisait le grand-père).
  • So lang sell’s Yedisch Goless dauere, wie… : Que l’exil juif dure aussi longtemps que… – Signifie qu’un événement ou une action traîne en longueur et n’est pas près de finir.
  • So lang gehandelt wie d’Hand… : Négocier de la longueur d’une main est bien plus profitable que de travailler de la longueur d’un bras.
  • So treife wie ‘Hasser : Aussi impur (non-cacher) que du cochon.
  • So’her : Veillée d’étude après le dîner du vendredi soir qui suit la naissance d’un garçon.
  • Sofer horem : Une racaille nombreuse.
  • Spargelisch / Moschelisch : Les asperges / Les fables.
  • Spring : Des actes dispendieux, des manières hors du commun et de mauvais goût pour épater le bourgeois.
  • Srore / Srore vum Hecktisch / Srore zum hinlegen : Gentleman (notable). – Péjoratif : Gentleman de la maison de retraite / « Marchandise à allonger » (femme de mauvaise vie).
  • Stigum / Schtigem, Erl bekann ! : Taisez-vous, l’étranger (le non-Juif) est présent !
  • Stock Saune sein : Être très fortement fâché.
T
  • Tzarfess / Tsarfausem : La France / Les Français (souvent ceux engagés professionnellement).
  • Tsegene : Crier, se disputer.
  • Tineff / Tineff met Lakritz : De la camelote / De la camelote aggravée (avec de la réglisse). – Expression entendue : « Pure Tineff garantie, Madame !« .
  • Tineff in de Falte : De la camelote cachée dans les plis.
  • Tische Boff (De ganze Tische Boff freit mich nett...) : Tout le jeûne du 9 Av (Ticha Beav) ne me réjouit pas s’il n’y a pas de « feuilles de grenouilles » (légumes hachés enrobés de feuilles de chou avec du lait et de la crème).
  • Tsoress : Des ennuis, des malheurs, des soucis.
U
  • Um wiefiel Uhr esch Woch ? : À quelle heure commence la semaine ? – Marque la fin du Shabath, saluée par la formule « Guet Woch » (Bonne semaine).
  • Uff d’Medine geïn (ou Uff d’Medine gehïn) : Battre la campagne en tant que colporteur. – Avec la marchandise sur le dos (« Srore uff em Buckel« ) : mezouzoth, bougies, savon cacher, rubans, tissus, lunettes… Ils servaient aussi de porteurs de nouvelles.
  • Umselig / S’esch mer umselig / E umseliger Gascht : Mal en point / Je me sens mal / Un grossier personnage (malotru).
  • Unser Harriet waas alles... : Dieu sait tout. – Un faux sage prétend tout savoir encore mieux.
  • Unser Harriett hot e grausser Garte : Notre Dieu (Herrgott) a un grand jardin où l’on rencontre toutes sortes de gens, bons ou mauvais.
  • Wenn ne unser Harriett nett besser kennt… : Si Dieu ne le connaît pas mieux que moi, il est totalement perdu.
  • Un wenn der Scheïger Emess wär ? : Et si ce mensonge était finalement la vérité ?
V
  • Veryedische : Traduire en bon Yiddish (ou en judéo-alsacien).
  • Vum Seschter kaa messel verstein : Ne pas même comprendre la mesure d’un sesterce (ne rien y comprendre).
  • Vum e ‘Hazen : er singt meh durch d’Naas… : Parlant d’un chantre (‘hazan): il chante et utilise plus son nez que sa gorge.
  • Vun Tausend Eïmes zamme g’setzt : Assemblé de mille peurs (un grand peureux).
W
  • Waas ich, bin ich e Naufe ? / Eliye Nofe : Qu’est-ce que je sais, suis-je un prophète ? / Le prophète Élie.
  • Waart bis de Meschia’h kummt : Attends toujours la venue du Messie (formule ironique pour dire que cela n’arrivera jamais).
  • Was er (sie) im Kopf hot, hot er nett im Do’hes : Ce qu’il/elle a dans la tête, il ne l’a pas dans le derrière (et vice-versa, formule utilisée comme litote).
  • Was iwer Siewetzig isch, esch Reïfer : Tout ce qui dépasse les 70 ans, c’est du pur bénéfice.
  • Was am Eref Schawess gehandelt word… : Ce qui se négocie encore la veille du Shabath doit suffire pour toute la semaine.
  • Was mer nett bekummt esch Reïfa’h : Sont considérées comme des bénéfices toutes les maladies dont on n’est pas atteint.
  • Wasch mer kaa ‘Hédich : Quoi de neuf ? (Formule de salutation).
  • Wenn e Goï e krummi Nefiere im Doches hot… : Si un Goy a un pet de travers, laisse-le partir ; mais si un Juif en a un, il court immédiatement chez le médecin.
  • Wenn d’Yedde de Zug nemme… : Quand les Juifs prennent le train, chacun veut absolument être assis à la fenêtre (chacun veut la meilleure place).
  • Wenn ich lese un schreiwe kennt… : « Si j’avais su lire et écrire, je serais devenu bedeau à B… » (au lieu de faire fortune en Amérique).
  • Wenn d’Yudde Fierdaa henn gitts schen Wetter : Quand les Juifs célèbrent leurs fêtes, le temps se met toujours au beau (dicton populaire alsacien).
  • Wer sich geniert zu esse un zü ohre… : Quiconque a honte de manger et de prier est un homme perdu dans le monde entier.
  • Wer sell kaa Karotte vor « Be’hukosaï » pflanze : On ne doit pas planter les carottes avant la section de Behoukotaï (c’est-à-dire avant la mi-mai).
  • Wer schmüsst wurd gekannst : Celui qui bavarde pendant l’office sera mis à l’amende.
  • Weyifra’h und sie zogen : Ils déménagèrent et repartirent (mélange judéo-allemand).
  • Wie de ‘Hammer s’Bonem hot : À la tête du client (litt. : « selon le visage de l’âne »).
  • Wie hoch kenn se singe ? : À quelle hauteur peut-elle chanter ? – Façon imagée de demander quel est le montant réel de la dot d’une jeune fille à marier.
  • Winzenemer Schluck : Une large gorgée de vin de Wintzenheim. – Désigne une personne habituée à boire de grandes rasades.
  • Wolfell : Bon marché (de l’ancien allemand wohlfeil).
Y
  • Yad : La main de lecture en argent utilisée pour suivre le texte de la Torah sans la toucher. Elle se tient toujours dans la main droite.
  • Yisch Ko’h : Merci, Bravo (de l’hébreu Yasher Koach). – E gaudel Schko’h : Un très grand merci.
  • Yonteftig / ‘Hennedig / Milschtig / Fleischtig / Minnig : En état de fête / charmant / lacté / carné / neutre (aujourd’hui dit Parve).
Z
  • Ze Gütem : À une prochaine bonne occasion de se revoir.
  • Zu Olwesscholem Zeite : En des temps de paix sur le monde (futurs ou passés).
  • Zwei Y. treffe sich : was macht dei Sohn ?… : Deux Juifs se rencontrent : « Que fait ton fils ? » – « Il poursuit ses études. » – « Et que sera-t-il quand il aura fini ? » – « Je le crains fort : un vieux Juif. » »


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