Marek Edelman
Personnalités
Publié le 3 octobre 2026
Histoire et Devoir de Mémoire – Facebook (lien en bas de page)
Marek Edelman, né le 1er janvier 1919 à Homel (actuellement en Biélorussie), mort le 2 octobre 2009 à Varsovie est un cardiologue et militant socialiste polonais. Il est l’un des instigateurs et dirigeants du soulèvement du Ghetto de Varsovie en 1943
Peu après sa naissance, sa famille déménage à Varsovie. Ses parents meurent quand il est enfant. Il est élevé par des amis de ses parents.
Mauvais élève, non religieux, il se politise très vite et pratique le coup de poing dans la rue contre les groupuscules fascistes. « Juif non religieux dans un paysage antijuif » comme il définit à la fin de sa vie cette période. Il est membre du Bund (Union générale des travailleurs juifs), mouvement socialiste juif, dont sa mère était militante comme la famille qui l’a recueilli. Le Bund milite alors pour la lutte des classes, l’émancipation des ouvriers juifs et l’autonomie culturelle juive.
Sa famille adoptive fuit vers l’Union soviétique lors des bombardements allemands de 1939.
Dans le ghetto de Varsovie, il est affecté comme infirmier à l’Umschlagplatz, d’où partent les convois de déportation vers Treblinka. Il réussit à faire évader quelques Juifs, au moment des départ des convois.
En 1942, il est l’un des fondateurs de la Żydowska Organizacja Bojowa (ŻOB, l’Organisation juive de combat), un des seconds de Mordechaj Anielewicz, un sioniste de gauche. Il prend part au soulèvement du Ghetto de Varsovie.
Après la mort d’Anielewicz le 8 mai, il en devient le commandant. Les 220 résistants s’opposent ainsi avec des moyens dérisoires, mais une volonté farouche à plus de 2 000 Waffen SS pendant trois semaines. Seuls 40 survivront dont Edelman, réussissant à fuir par les égouts après que les Allemands auront mis le feu au ghetto.
Il prend part l’année suivante aux combats de l’Insurrection de Varsovie en 1944. Il rencontre sa femme, Alina Margolis, une bundiste comme lui. Alors que la plupart des Juifs polonais survivants choisissent d’émigrer, ils décident de rester en Pologne, malgré de nouveaux pogroms en 1946 (Pogrom de Kielce) et l’ouverture des frontières pour les juifs en 1956.
Marek Edelman a toujours refusé d’assister aux commémorations officielles, mais chaque 19 avril, depuis 1945, il parcourt à pied les rues menant au ghetto et se recueille devant les monuments à la mémoire des combattants du ghetto. Au fil des ans, il a été accompagné par des pèlerins de plus en plus nombreux : sa famille, des amis ou des personnalités telles le pape Jean-Paul II ou le vice-président américain Al Gore. Cette marche est accomplie au son de chants yiddish et de l’hymne du Bund.
Il décède le 2 octobre 2009 (à 90 ans) à Varsovie.
