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LE MASSACRE DE TULLE

Histoire

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Engagé Volontaire 1941-1945 – Facebook (lien en bas de page)

7, 8 ET 9 JUIN 1944 – Trois jours de terreur sous l’Occupation allemande

À la veille de la Libération, la ville de Tulle, en Corrèze, va connaître l’un des épisodes les plus tragiques de la répression allemande en France. Entre le 7 et le 9 juin 1944, les combats entre la Résistance et les forces allemandes sont suivis d’arrestations, d’exécutions, de pendaisons et de déportations.

Ces journées resteront à jamais gravées dans la mémoire de la ville.

7 JUIN 1944 — LES PREMIÈRES VICTIMES

Le 7 juin 1944, au lendemain du débarquement allié en Normandie, les maquisards passent à l’offensive dans la région de Tulle.

Les combats et les représailles commencent.

18 gardes-voies sont assassinés par les forces allemandes.

La situation devient rapidement extrêmement tendue alors que les résistants cherchent à prendre le contrôle de la ville et à désorganiser les communications allemandes.

8 JUIN 1944 — LES COMBATS CONTINUENT

Le 8 juin, les affrontements se poursuivent autour de Tulle.

À Pounot de Laguenne, six maquisards appartenant à l’Armée secrète sont tués.

6 maquisards sont tués au cours des combats.

Pendant ce temps, les forces allemandes se rapprochent de Tulle et préparent leur reprise en main de la ville.

9 JUIN 1944 — LA RÉPRESSION

Le 9 juin, les forces allemandes reprennent le contrôle de Tulle.

Des éléments de la 2e division blindée SS Das Reich entrent dans la ville. Des hommes sont arrêtés et rassemblés.

La répression va prendre une dimension terrifiante.

UN COMMUNIQUÉ ADRESSÉ AUX CITOYENS DE TULLE

Un communiqué allemand est alors affiché dans la ville. Il présente les événements du point de vue des autorités allemandes et annonce les mesures de représailles contre les maquisards et ceux qui leur viennent en aide.

Le texte menace directement de nouvelles exécutions.

Le communiqué du 9 juin 1944 :

«« Citoyens de Tulle,

Quarante soldats allemands ont été assassinés de la façon la plus abominable par les bandes communistes. La population paisible a subi la terreur.

Les autorités militaires ne désirent que l’ordre et la tranquillité. La population loyale de la ville le désire également.

La façon affreuse et lâche avec laquelle les soldats allemands ont été tués prouve que les éléments du communisme destructeur sont à l’œuvre.

Il est fort regrettable qu’il y ait aussi des agents de police ou des gendarmes français qui, en abandonnant leur poste, n’ont pas suivi la consigne donnée et ont fait cause commune avec les communistes.

Pour les maquisards, ceux qui les aident, il n’y a qu’une peine : le supplice de la pendaison. Ils ne connaissent pas de combat ouvert. Ils n’ont pas le sentiment de l’honneur.

Quarante soldats allemands ont été assassinés par le maquis. Cent vingt maquisards ou leurs complices seront pendus. Leurs corps seront jetés dans le fleuve.

À l’avenir, pour chaque soldat allemand qui sera blessé, trois maquisards seront pendus.

Pour chaque soldat allemand qui sera assassiné, dix maquisards ou un nombre égal de leurs complices seront pendus également.

J’exige la collaboration loyale de la population civile pour combattre efficacement l’ennemi commun, les bandes communistes.

Tulle, le 9 juin 1944.

Le général commandant les troupes allemandes. »»

Ce communiqué montre la volonté des autorités allemandes de présenter les représailles comme une réponse aux actions de la Résistance et de terroriser la population civile.

LES 99 PENDUS

Le 9 juin 1944, des centaines d’hommes sont arrêtés.

Parmi eux, 99 hommes sont finalement pendus.

Les exécutions sont réalisées dans différents endroits de Tulle. Des victimes sont pendues à des arbres, à des lampadaires ou à des balcons, sous les yeux d’une population terrorisée.

99 hommes sont assassinés par pendaison.

Ces exécutions constituent l’un des épisodes les plus marquants de la répression allemande contre la Résistance française.

LA DÉPORTATION

La répression ne s’arrête pas aux pendaisons.

149 hommes sont déportés après les événements de Tulle. Ils passent notamment par Poitiers et le camp de Compiègne-Royallieu, avant d’être déportés vers le camp de concentration de Dachau.

Pour beaucoup, le voyage vers Dachau sera sans retour.

101 des 149 déportés ne reviendront jamais.

Derrière ces chiffres se trouvent des hommes arrachés à leurs familles, des pères, des fils, des frères et des époux dont la vie est bouleversée à jamais.

LA DIVISION DAS REICH

La 2e division blindée SS Das Reich est l’une des formations allemandes impliquées dans la répression menée dans le centre de la France au mois de juin 1944.

Après le débarquement allié, la division reçoit l’ordre de rejoindre la Normandie.

Son déplacement vers le front est marqué par plusieurs opérations de répression contre la Résistance et les populations civiles.

À Tulle, son passage est associé aux arrestations et aux pendaisons du 9 juin.

Le lendemain, 10 juin 1944, des éléments de la même division participeront au massacre d’Oradour-sur-Glane, où 642 habitants sont massacrés.

TULLE, UNE VILLE MARQUÉE PAR LE MASSACRE

Les événements des 7, 8 et 9 juin 1944 ont profondément marqué Tulle.

En seulement trois jours, des hommes sont tués dans les combats, des gardes-voies sont assassinés, des maquisards sont exécutés, 99 hommes sont pendus et 149 sont déportés vers Dachau.

La ville paie un lourd tribut alors que la France vient tout juste d’entrer dans la phase finale de la Seconde Guerre mondiale.

SE SOUVENIR

Le massacre de Tulle demeure aujourd’hui un symbole de la brutalité de la répression allemande durant l’été 1944.

Derrière les chiffres, il y avait des familles et des vies brisées.

7, 8, 9 juin 1944.

Trois jours qui ont transformé Tulle en l’un des lieux emblématiques de la mémoire de la Résistance et des victimes de l’Occupation.

Se souvenir des victimes. Ne pas oublier.

Engagé volontaire en 1941, mon grand-père Jean Maurel quitte le Maroc pour la guerre. À travers son parcours, je raconte l’histoire des forces françaises, de l’Afrique du Nord jusqu’à la Libération.

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