Le journaliste Jean Quatremer claque la porte de Libération et dénonce une gauche gagnée par l’antisémitisme
Société
Publié le 2 août 2026
IsraJ – Facebook
Après quarante-deux années passées à Libération, le journaliste Jean Quatremer a officialisé son départ du quotidien. Figure historique de la rédaction et spécialiste reconnu des affaires européennes, il rejoindra désormais l’hebdomadaire Marianne en qualité d’éditorialiste. Son départ intervient au terme de plusieurs années de tensions avec une partie de ses collègues, alimentées notamment par ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien.
Correspondant à Bruxelles depuis de nombreuses années, Jean Quatremer avait intégré Libération en 1984. Dans un communiqué, la direction du journal a salué « un travail exceptionnel » et une expertise européenne « sans équivalent », tout en reconnaissant que les relations entre le journaliste et une partie de la rédaction s’étaient fortement dégradées au cours des trois dernières années.
Ces dissensions avaient culminé en avril dernier, lorsqu’une assemblée générale des salariés avait été consacrée au malaise suscité par certaines de ses déclarations publiques, notamment sur Israël, l’islam et plusieurs messages publiés sur le réseau social X.
Dans une lettre d’adieu adressée à ses anciens collègues et publiée par Le Point, Jean Quatremer explique avoir choisi de quitter un environnement devenu, selon lui, « irrespirable ». « Je reprends ma liberté, car elle est mon bien le plus précieux », écrit-il, tout en affirmant vouloir poursuivre son activité journalistique dans un cadre plus conforme à ses convictions.
Le journaliste revendique son appartenance à une gauche « sociale-démocrate », attachée à la laïcité, à la lutte contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme, ainsi qu’à la défense des libertés publiques. Il estime toutefois que cette sensibilité est désormais marginalisée au profit d’une « nouvelle gauche » qu’il accuse de céder à l’obscurantisme religieux et de tolérer des discours contraires aux valeurs qu’elle prétend défendre.
Jean Quatremer réserve ses critiques les plus sévères à l’évolution du débat sur le conflit israélo-palestinien depuis le 7 octobre 2023. Selon lui, une partie de la gauche a transformé la critique du gouvernement de Benyamin Netanyahou – qu’il dit partager – en « antisionisme virulent », tout en fermant les yeux sur la montée de l’antisémitisme. Il affirme également que certains militants ont rendu le climat de travail « irrespirable » au sein de la rédaction, évoquant des méthodes de harcèlement inspirées, selon lui, de l’extrême gauche.
« Cette nouvelle gauche qui se vautre dans l’antisémitisme défend la liberté d’exprimer… la même opinion qu’elle », affirme le journaliste. Si cette gauche n’est pas majoritaire au sein de la rédaction de Libération, selon lui, certains membres « parviennent à rendre l’air irrespirable » par des « méthodes de harcèlement éprouvées à l’extrême gauche ».
À partir de la rentrée, Jean Quatremer poursuivra sa carrière à Marianne. L’hebdomadaire a salué l’arrivée d’une « voix singulière » de la social-démocratie française, appelée à y tenir le rôle d’éditorialiste. Dans un message publié sur X, le journaliste a résumé son départ en une formule lapidaire : « Je me lève et je me casse. »
