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Discours de Juliette ADJADJ

Société

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Déléguée régionale pour le comité français Yad Vashem

Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites et d’hommage aux « Justes » de France

Monsieur le Secrétaire Général de la Charente-Maritime, Madame la Députée de notre circonscription, Monsieur Le Maire de la Rochelle, Monsieur le Président de la Maison Communautaire Israélite de la Rochelle, Mesdames, Messieurs, Chers amis  

Dans le cadre de la Journée Nationale à la mémoire des victimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux Justes de France, notre Comité français Yad Vashem tient à s’associer aux représentants de notre République pour concourir à ce devoir de mémoire. Cette cérémonie a maintenant 31 ans d’existence. En effet, le 16 juillet 1995, le Président Jacques Chirac a reconnu  la responsabilité de la France dans la déportation des juifs durant la Seconde Guerre mondiale .  Son discours met un accent particulier sur la rafle du Vel d’Hiv. 

Les 16 et 17 juillet 1942, 13.000 juifs de tout âge et de toute condition, ont été surpris dans leur sommeil par des policiers français qui les ont embarqués afin de les parquer dans le Vélodrome qui existait alors près de la Tour Eiffel. Ils ont attendu là plusieurs jours avant d’être déportés vers les camps de la mort. Très peu survécurent à cet enfer. Ce souvenir funeste a donné lieu à la cérémonie d’aujourd’hui laquelle englobe la mémoire de toutes les victimes racistes et antisémites. 

Néanmoins, malgré cette sombre période, la France doit continuer à s’enorgueillir d’avoir sauvé son honneur grâce à la résistance du Général De Gaulle qui sut rapidement entraîner derrière lui de nombreux français de toute obédience. Plusieurs en moururent, tel Jean Moulin et les martyrs de l’Affiche Rouge (pour la plupart communistes). 

Citoyens français, nous ne devons pas oublier ces femmes et ces hommes de courage qui honorent notre République.  

Parallèlement à cette résistance, des modestes français ont également fait preuve d’un formidable courage en sauvant de nombreux juifs promis à la déportation. Il était indispensable qu’ils soient reconnus et honorés.   

Dans cette optique, quelques années après la SHOAH, l’Etat d’Israël créa la Fondation Yad Vashem  à Jérusalem. Dès le départ, cette Fondation s’est donnée plusieurs objectifs, d’une part, rechercher ces femmes et ces hommes qui ont fait preuve d’une rare abnégation pour sauver des vies vouées à la déportation ; d’autre part, honorer ‘ ces modestes français’ en leur attribuant la médaille des Justes parmi les Nations. 

De surcroît, Yad Vashem veut aussi transmettre la réalité de ce que  fut la SHOAH afin que cette horreur ne puisse plus se reproduire.

Dans un souci d’organiser la logistique de ces actions en France, il y a 45 ans naissait notre Comité français.  Plus de 5000 médailles en vue d’honorer les Justes parmi les Nations ont été remises aux quatre coins de la France par nos délégués régionaux. 

 Pour compléter ce travail de reconnaissance, notre Comité s’est fixé comme mission la mise en valeur de ces Justes reconnus par Yad Vashem.  Dès que nous le pouvons, nous portons témoignage de leur courage. En sauvant des vies au risque de la leur, ces Justes accomplissaient ce qu’ils pensaient être normal de faire. Ils réalisaient par là même des exploits avec une humilité qui nous désarme encore aujourd’hui. 

La mémoire a de l’avenir, tel est le credo de notre Comité. 

En effet, la transmission est essentielle pour donner sens aux principes humanistes qui animaient ces Justes et sur lesquels notre République s’appuie.
De fait, nous avons de plus en plus besoin de nous rappeler ces principes. Il nous faut surtout les mettre en œuvre. Force est de constater que malgré leur mise en œuvre, fruit du travail législatif ou issues d’un cadre règlementaire, une nouvelle flambée de l’antisémitisme avec en parallèle des actes racistes incessants. Cet antisémitisme et ce racisme ébranlent gravement notre cohésion nationale et inquiètent nos concitoyens qui en sont victimes.
Voilà pourquoi nous devons transmettre ces exemples de courage aux jeunes générations. Ces témoignages concrets percutent souvent leur ‘jeune ‘ conscience en devenir et les conduisent à réfléchir sur ce qu’il faut mettre en place pour faire société.
Ainsi, si tout pays a besoin de ses femmes et de ses hommes qui œuvrent à sa grandeur, les Justes parmi les Nations nous montrent que l’on peut y participer au niveau le plus humble de l’échelle sociale.
Dans cette optique, si l’an dernier, lors de la même cérémonie, j’ai retracé les années de résistance d’une rochelaise au courage exemplaire Annette EPAUD nommée Juste parmi les Nations par Yad Vashem, cette année j’ai préféré solliciter un descendant d’une Juste parmi les Nations pour retracer le récit de cette femme de courage . En effet, qui mieux qu’un fils peut nous parler de sa mère ? René Veaute, habitant de St Porchaire, va venir prendre le relais à ce micro.


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