le commentaire de la paracha de la semaine

Paracha

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Commentaires de la Paracha MIKETS

« Paracha MIKETS  »  Une partie importante de notre Paracha est consacrée au récit des deux rêves du roi d’Égypte. Ceux-ci ne sont d’ailleurs pas relatés seulement une fois, mais à trois reprises : nous en lisons tout d’abord le récit proprement dit, puis vient une version plus détaillée quand Pharaon les décrit à Joseph, et finalement quand Joseph donne à Pharaon son interprétation des différentes composantes de ces rêves.

L’aboutissement de tous ces rêves est la galout (exil) en Égypte, la première galout subie par le peuple juif et la source de tous leurs futurs exils. Les Enfants d’Israël s’installèrent en Égypte où ils furent plus tard réduits en esclavage par les Égyptiens et où ils connurent une déchéance spirituelle telle que, par bien des aspects, ils en vinrent à ressembler à leurs bourreaux. Quand D.ieu vint les sauver, Il dut « prendre une nation des entrailles d’une nation », entrant dans les boyaux de l’Égypte pour extraire Son peuple de la société la plus dépravée sur terre.

Dans les 3300 ans qui suivirent, nous avons subi bien d’autres siècles de galout, étant tombés sous la domination des Babyloniens et des Perses, des Grecs et des Romains, des chrétiens et des communistes. Nous sommes encore en galout aujourd’hui. Certes, nous sommes affranchis,des persécutions et des tourments des générations précédentes, mais le Juif demeure un étranger dans le monde, toujours privé de l’environnement qui nourrit son âme et comble ses aspirations. Et la galout, quelle que soit ses formes, disent nos Sages, est une conséquence de notre première galout en Égypte.

Rabbi Chnéour Zalman explique que la galout est issue d’une succession de rêves parce que la galout est elle-même le rêve ultime. Le rêve est la perception sans la discipline de la raison. On y retrouve tous les stimuli et les expériences de la vraie vie : vision et son, pensées et action, exaltation et peur. Tout ce qui fait le rêve est emprunté à notre vie éveillée. Mais tout y est sens dessus dessous, tout défie la logique et notre sens de ce qui est crédible. Dans un rêve, un drame peut être cause de réjouissance, un parent peut être plus jeune que son enfant et une vache peut sauter par-dessus la lune.

La galout est un rêve, un rêve terrible et irrationnel qui embrasse le monde entier et s’étend sur des millénaires. Un rêve dans lequel le crime paie, où les bons meurent jeunes et où le peuple élu de D.ieu est massacré en toute impunité. Un rêve dans lequel ce qui est juste et vrai est rarement « réaliste » et où  « l’ignorance », « la mort » et « le mal » sont des forces extrêmement puissantes.

Le surréalisme de la galout affecte également notre vie spirituelle. C’est seulement en galout qu’une personne peut se lever le matin, se purifier dans un mikvé, prier avec extase et dévotion, étudier un chapitre de Torah et puis se rendre au travail pour y escroquer des gens toute la journée. Dire qu’il s’agit d’« hypocrisie » n’est pas une description fidèle d’un tel phénomène. Dans bien des cas, sa prière est sincère et son amour et sa crainte de D.ieu sont authentiques. Mais il habite dans le monde onirique de la galout où les contraires coexistent et où l’incohérence est la norme.

Toutefois,pour le Rabbi de Loubavitch, il y a aussi un aspect positif à notre actuelle existence hallucinatoire Dans le vrai monde, une relation authentique avec D.ieu peut uniquement s’établir dans le contexte d’une vie qui Lui est constamment fidèle.Dans le monde de la galout,une personne imparfaite peut goûter au divin ! Dans le monde de la galout D.ieu « réside parmi eux, au sein même de leur impureté ».

Attendons chaque jour l’aube divine qui dissipera le rêve cosmique qui, dans la plus grande partie de notre histoire, nous a rendus physiquement et spirituellement estropiés. Profitons de l’occasion unique de pouvoir être « hypocrites » et « incohérents » au sens positif : en surestimant notre capacité spirituelle, en étant et en faisant davantage que ce dont nous serions capables


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