Le Bâton de Jacob (Par Jacob Dahan)

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Rue de La Juiverie à Bagnols-sur-Cèze ! Un déplacement familial me fait tomber sur cette rue, une surprise ! En effet cette petite ville aujourd’hui n’était sans doute qu’une bourgade au moyen-âge ; époque où les rues juives étaient identifiées. C’est vrai que nous sommes dans une région fortement judaïsée au moyen-âge avec Nîmes, Orange, Carpentras.
Une simple recherche sur le site de la ville m’apprend que dans ce quartier naît en 1288 Lévi ben Gerson dit « Gersonide », astronome, inventeur du « bâton de Jacob », prototype de l’astrolabe. Levi ben Gerson, était aussi philosophe, mathématicien et homme de science juif. Il a vécu à Orange dans la première moitié du XIVè siècle et était en contact avec l’entourage du Pape d’Avignon, Clément VI.
L’instrument est décrit dans un traité d’Astronomie qui fait partie des Guerres du Seigneur, un ouvrage de philosophie qui traite de la création. Le traité est écrit en hébreu, mais une partie de celui-ci, contenant en particulier la description de l’instrument, est traduite en latin par un moine d’origine italienne vivant en Avignon. Le bâton de Jacob, sera également appelé arba/estrille, arbalète ou bâton gradué ; il est un ancien instrument utilisé pour la mesure des angles en astronomie, puis pour la navigation : distance angulaire entre deux corps célestes, ou angle entre l’horizon et un astre.
Les arpenteurs en ont également tiré parti un temps pour des mesures d’angles mais aussi de distances. En astronomie son usage perdure jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Instrument simple à fabriquer et d’une précision acceptable pour la mesure des latitudes, il n’est délaissé par les navigateurs qu’à la fin du XVIIIe siècle, l’octant et le sextant ayant fini par le faire disparaître définitivement. L’instrument a pris des formes, taille et graduation en particulier, adaptées à son domaine d’application ; Il tient compte de la distance du centre de vision (sommet de l’angle mesuré) à l’extrémité du bâton proche de l’oeil pour corriger la mesure. Il décrit les échelles obliques qui permettent d’améliorer la précision en dilatant les graduations. Il en propose deux variantes. L’une se tient à la main et est destinée à mesurer les distances stellaires. La seconde possède un support, elle permet de mesurer les altitudes et les diamètres des corps célestes.


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