le commentaire de la paracha de la semaine

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Chemot (par Vera Gandelman)

Chemot, « les noms », est traduit par l’Exode : celui-ci commence en Égypte, où Joseph a laissé une descendance qui s’est accrue au fil du temps. La situation des Hébreux s’est dégradée à tel point qu’ils sont tombés en esclavage, dans ce pays de Mitzraïm, qui signifie « étroit ». Il n’est pas étonnant que le début du second livre du Houmash commence par les noms des tribus d’Israël, inscrivant la lignée de Jacob. Celle-ci confirme la pérennité de l’identité par opposition aux contingences de la destinée d’Israël, discriminé dans une nation étrangère : après avoir atteint l’apogée, au sommet du pouvoir, le peuple est devenu « esclaves dans une maison d’esclaves ».

Dans le récit biblique, le nom traduit l’essence de la personne ou d’une chose. En hébreu, davar signifie conjointement « la chose » et « le mot », réconciliant le signifié et le signifiant. Chaque nom désigne ainsi une réalisation particulière du peuple d’Israël. L’enfant survivant du massacre des nouveaux nés grâce au subterfuge de sa mère qui le laisse flotter sur le Nil portera le nom de « Moshé », « retiré des eaux ». Ce nom a valeur proleptique, puisqu’il renferme le devenir de l’être : Moshé portera son peuple hors de l’exil d’Égypte en traversant la mer des Joncs, les eaux se refermant sur l’armée égyptienne, grâce à l’intervention divine.

Ceux qui appartiennent au peuple d’Israël portent chacun une signification et une destinée singulières, telles que la tradition biblique les a inscrites. Le nom marque un lien de responsabilité à la communauté ainsi qu’une confiance en le Très-Haut. L’énumération des noms des tribus au début de Chemot rappelle l’alliance qui attache le peuple d’Israël à Hashem. Cette relation implique la réciprocité : exigeant la fidélité du peuple d’Israël, Hashem déploie sa force bienveillante, qui se manifeste lors de la sortie d’Égypte.

Le lien, présenté dans le chapitre, entre l’exode et les noms, suggère l’idée que même dans l’exil le plus profond, il ne faut pas oublier l’identité familiale. Ainsi, gardons présents à chaque instant les noms des otages israéliens, qui vivent le pire exil qui soit dans les ténèbres sous terre.


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